Côte d’Ivoire/avortement: Une jeune dame ivoirienne raconte son calvaire

Malgré l’interdiction de l’avortement volontaire en terre ivoirienne sauf en cas de viol ou inceste, les femmes ivoiriennes s’adonnent à cette pratique dans la clandestinité. Cette pratique touche plus le milieu scolaire.

En milieu scolaire, plus de 76 % des Ivoiriennes soit 290 000 font l’avortement chaque année pour pouvoir continuer l’école. C’est le cas de Mariatou, devenue étudiante en BTS en Gestion qui a décidé de se confier à Bernadette Oupoh, la présidente de la Coalition Namane, qui veut dire  » Prenons conscience » dans la région de la Nawa située à l’ouest de la Côte d’Ivoire. C’est un regroupement d’associations et d’organisations de la société civile engagées pour la réduction des grossesses non désirées, particulièrement chez les adolescentes en milieu scolaire.

La jeune dame, Mariatou a livré tout ce qu’elle subit lorsqu’elle était élève. L’étudiante en BTS Gestion commerciale déclare qu’elle a subi trois fois l’avortement. Le premier par la complicité avec son copain, le second elle-même et la troisième fois par sa famille. Elle a raconté aussi les calvaires qu’elle a rencontrés dans les cliniques.

Suivez-la:

« C’est seulement à six mois de grossesse que j’ai réalisée que j’étais enceinte. Mon copain m’a accompagnée dans une clinique qui s’occupe des avortements, en me précisant de mentir sur la durée de la grossesse pour payer moins cher. Mais en m’examinant, le médecin s’en est rendu compte. Ça ne ressemblait pas aux cliniques habituelles. Pour la seconde fois, j’étais allé seule parce que mon copain a refusé de m’accompagner. C’est là mon calvaire commence avec l’attitude du médecin. Il m’a demandé de m’allonger, en m’ordonnant :  » ici, on ne pleure pas ». J’ai senti comme du vent à l’intérieur de mon ventre. Puis quelque chose que l’on coupe. J’avais tellement mal que je me suis levée et précipitée aux toilettes pour me cacher. Il m’a crié : « Non ! Tu vas salir ma clinique ! « . Une fois terminée, j’étais repartie traumatisée, mais au lieu que j’aille en classe, je traînais dans la cour pour redoubler d’efforts. Mais tout le calvaire que j’ai subi, je suis encore tombé enceinte, mais cette fois-ci, j’avais décidé de garder mon enfant. Je me suis dit quelle que soit l’épreuve, je vais surmonter. Mes parents, ne sachant pas de ces deux avortements que j’ai faits, insistaient pour que j’avorte encore, mais j’ai refusé. Aujourd’hui, je suis mère d’une petite fille. J’avais honte, mais je craignais surtout la réaction de mes parents. Même à mes copines, je n’ai jamais rien dit, je me méfie. Aujourd’hui, je me sens libéré d’un poids que je traîne depuis trois ans.» s’est confiée la jeune dame Mariatou.

Komla AKPANRI

Je me nomme AKPANRI Komla, historien de formation, arbitre fédéral. Le journalisme est une passion pour moi plus précisément le journalisme sportif puisque je suis un sportif. Ayant fait une formation en histoire, j'aborde aussi des questions politiques, sociales et culturelles.

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