Afrique: Mfumu Kenneth Kaunda, seul président membre fondateur de l’OUA encore vivant

Le 25 mai 1963, 32 Chefs d’Etat et de Gouvernement Africains se réunirent à Addis-Abeba (Ethiopie). Ils fondèrent l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Parmi ceux-ci, figuraient Mfumu Kenneth Kaunda.

Leader de l’indépendance de la Rhodésie du Nord (actuelle Zambie) avec le Parti natio-nal uni de l’indépendance (UNIP), la souveraineté fut reconnue au pays le 24 octobre 1964 et Kenneth Kaunda devint le premier président de la République après d’âpres luttes. Après avoir arraché l’indépendance de la Rhodésie du Nord aux anglais, il la baptisa, Zambie.
Le soutien aux mouvements nationalistes africains :
Après l’indépendance de la Zambie, d’autres pays d’Afrique encore sous le joug de l’impérialisme cherchèrent à s’émanciper. C’est ainsi que le Président Mfumu Kenneth Kaunda fit de son pays une base arrière aux mouvements de libération. De 1961 à 1990, l’UMKOTO WE SIZWE (branche armée de l’ANC), la ZANLA de Robert Mugabe (Zimbabwe), la ZIPRA de Joshua Nkomo (Zimbabwe), et la SWAPO de Sam Nujoma (Namibie).

Dans ce soutien, Lusaka (capitale de la Zambie) ne fut pas épargné par les bombardements de l’aviation sud-africaine (apartheid) dans la poursuite des maquisards. Plusieurs ponts, routes, immeubles furent soumis à des raids pour briser l’élan zambiens, mais Kaunda et son peuple tinrent ferme.

Mis au banc, asphyxie économique,…en réponse au nationalisme Zambien :
Pays enclavé à l’instar de la République Centrafricaine, la Zambie (752 614 km2) est bordée par l’Angola à l’ouest, la République démocratique du Congo et la Tanzanie au nord, le Malawi et le Mozambique à l’est, et le Zimbabwe, le Botswana et la Namibie au sud, la Zambie occupe une superficie de 752 614 km2.
Riche en ressource du sous-sol et pourvue de terre arable, l’exportation de son minerai fut dépendante de la Rhodésie (Zimbabwe), colonie. Dès sa prise de pouvoir, le nouveau régime socialiste décida de nationaliser « les entreprises privées et des mines de cuivre, dont des organismes d’État acquièrent la majorité du capital ». Les indépendances de l’Angola et du Mozambique en 1975 furent une opportunité pour l’économie zambienne qui servira de couloir de transit aux productions du pays. A cela s’ajoute la fin des travaux de construction du chemin de fer entre Dar es-Salaam et la province de la Copper Belt (« Ceinture de cuivre ») par les chinois. Pour ne plus dépendre de la tutelle de la colonie zimbabwéenne gouvernée par la couronne britannique, Kaunda fit construire une centrale électrique et un barrage.
Mais en 1990, on assista au doublement du prix du maïs et le FMI suspendit ses subventions sur la production. Cela entraîna une crise économique et de fortes tensions dans le pays.

Le Président Kaunda décida alors d’ouvrir le pays au multipartisme recommandé par les organisations internationales (UE, FMI, Banque Mondiale, …). Il organisa en 1991 les élections gagnées par son opposant du Movement for Multiparty Democracy (MMD), Frederick Chiluba.
Après sa défaite, Kenneth Kaunda prit sa retraite politique. Après 27 ans de pouvoir et aujourd’hui âgé de 97 ans, l’ancien Président zambien, seul membre fondateur de l’OUA encore vivant est « vénéré » dans son pays.

L’après Kenneth Kaunda :
Le nouveau Président, Frederick Chiluba va privatiser .les mines de cuivre, les entreprises publiques et procède à un licenciement massif. S’il est félicité pour les reformes, le pays est confronté à une paupérisation et la faim qui menace 3 millions de zambiens où 73% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Aujourd’hui peuplé de 17 millions d’habitants, la Zambie est officiellement en défaut de paiement de sa dette. Sa dette extérieure est estimée à près de 10 milliards d’euros, la moitié étant détenue par des créanciers privés.

Fleury Venace Agou

Komla AKPANRI

Je me nomme AKPANRI Komla, historien de formation, arbitre fédéral. Le journalisme est une passion pour moi plus précisément le journalisme sportif puisque je suis un sportif. Ayant fait une formation en histoire, j'aborde aussi des questions politiques, sociales et culturelles.

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