Centrafrique: message à la nation du chef de l’État, son excellence le Professeur Faustin Archange Touedera

A l’occassion de la célébration du 61e anniversaire de l’indépendance de la République Centrafricaine, le chef de l’État, son excellence Faustin Archange Touedera s’est adressé ce jeudi 12 juin 2021 à la nation à travers un discours très riche. Un président visionnaire qui a une ambition de développement surtout l’épanouissement du peuple centrafricain.

Voici le contenu de son message:

Bangkok, 12 aoûtT 2021

Centrafricaines, Centrafricains ;
Mes Chers Compatriotes ;

La République Centrafricaine, notre beau pays, célèbre demain le 61ème anniversaire de son accession à l’indépendance.

C’est toujours avec un immense plaisir que je m’adresse à vous, parfois avec beaucoup d’émotion, à l’occasion de ce jour historique, ce jour qui a vu briser la tyrannie et l’oppression, ce jour qui a vu allumer la flamme de la liberté, notre liberté.

En dépit des atrocités subies, amplifiées par la disparition tragique une année plus tôt, du Président fondateur Barthélemy BOGANDA, la flamme de la liberté allumée par le Père fondateur de la République, ne s’est jamais éteinte et elle ne s’éteindra jamais.

Le 13 août 1960, encore dans le deuil de son Père fondateur, Barthélemy BOGANDA, notre pays accéda enfin à l’indépendance.

Cet événement, proclamé par le Président David DACKO, marqua l’aboutissement de la longue lutte de nos ancêtres pour la liberté, la dignité, le respect du droit inaliénable à la vie, l’autodétermination et, surtout, une ère nouvelle, pleine d’espérance.

Il constituait la première manifestation solennelle de notre souveraineté et le socle fondateur d’une Nation en devenir, destiné à reconquérir nos voix dans le concert des Nations, le respect de notre droit à la vie et notre unité.
Elle a congédié en ce jour-là toutes les souillures accumulées par tant d’années de soumissions, de brimades, de servitudes, de spoliations.
Elle a annoncé à l’Afrique et au monde la vérité de la liberté inaliénable des peuples.
Elle a prouvé que le rêve centrafricain, celui de nos pères fondateurs, n’était pas une invention de l’imagination, mais une nécessité réelle et sacrée.

A partir du jour de cette proclamation, le peuple centrafricain a tourné le dos aux temps d’innocence pour mieux affirmer à la face du monde ses droits inaliénables.

A partir de ce jour, nos ancêtres ont cessé d’être les indigènes inféodés d’un empire colonial déclinant et lointain. Ils étaient désormais une Nation. Une Nation, notre Nation, est née ce jour-là.

Tout cela est le fruit de nos pères fondateurs. Ceux qui nous ont menés à la proclamation de notre indépendance méritent nos respects et nos admirations.

Ils étaient des hommes d’Etat, des patriotes et des héros, des martyrs, et pour le bien qu’ils ont fait et les principes qu’ils ont défendus, je m’unirai à vous demain pour honorer leurs mémoires.
Je veux parler du courage de nos Pères qui ont préféré le combat plutôt que la soumission, la servitude et la trahison.

Je veux vous parler de ces hommes qui croyaient en l’ordre et pas en l’ordre de la tyrannie. Je veux vous parler de ces hommes dignes qui croyaient en la justice, la liberté et l’humanité.

Ces hommes étaient des grands hommes, suffisamment grands pour honorer le rendez-vous de l’histoire, celui de notre émancipation.

Pour honorer leurs mémoires, j’ai décidé d’organiser demain une parade militaire au Camp KASSAÏ, à laquelle je vous convie.

Mes Chers Compatriotes ;
Nous pouvons chérir la mémoire de ces hommes. Leur patriotisme et les principes qu’ils ont défendus ont encore un écho et doivent nous aider à transcender ces temps troublés où nous nous préparons à aborder un grand moment de réflexion et de dialogue entre tous.

Le Dialogue républicain auquel je convie toutes les forces vives de la Nation est un appel à l’action, un appel lancé à tous pour que nous puissions nous dresser ensemble face aux défis de la transformation de notre pays.

En ma qualité de symbole de l’unité nationale, je souhaite que le Dialogue républicain soit l’occasion idoine pour exorciser le mal centrafricain et définir les priorités du développement de notre pays.
Je tiens à dire qu’il ne doit être nullement l’occasion d’opposer les filles et fils du pays, les uns contre les autres.

J’en appelle donc à la tolérance, à l’inclusion, à la concertation permanente et au dialogue afin de garantir l’unité nationale, la paix et la sécurité durement ébranlées ces dernières décennies.

C’est pourquoi, je salue le sens de responsabilité de toutes les forces vives de la Nation, leur disponibilité à l’égard de la République et surtout le rôle qu’elles ne cessent de jouer dans la stabilité politique, la paix et la sécurité ainsi que la réconciliation nationale.
Mes Chers Compatriotes ;
La transformation de notre pays est désormais d’une impérative nécessité. Elle est devenue un sujet majeur de préoccupations et un enjeu stratégique pour une paix durable en Centrafrique.
C’est pour répondre à ce défi que j’ai articulé mon projet de société autour de trois grands domaines, ceux de la construction d’une société inclusive, de l’établissement d’une économie ouverte et de la fondation d’une société de bien-être social.
En ce qui concerne l’ambition d’une société inclusive, j’invite toutes les institutions de la République à s’engager résolument au renforcement de la sécurité, à l’amélioration des libertés individuelles, à l’adoption des principes de bonne gouvernance démocratique et à l’affermissement de notre capital social.

En ce qui concerne l’ambition d’une économie ouverte, j’invite le Gouvernement et l’Assemblée Nationale à s’engager résolument pour favoriser un meilleur environnement des affaires, des conditions favorables au développement des entreprises, des infrastructures commerciales de qualité, et une économie moderne capable de générer des richesses.
Enfin, en ce qui concerne la construction d’une société de bien-être social, j’invite le Gouvernement et l’Assemblée Nationale à œuvrer résolument pour l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens, pour l’épanouissement de nos populations au travers d’un système de santé accessible au plus grand nombre, pour la mise en œuvre d’une éducation capable de contribuer à la croissance économique et pour la formulation des politiques publiques visant à améliorer l’environnement physique de nos concitoyens.
A cet effet, nous devons donner à la jeunesse et aux femmes centrafricaines la chance de créer, d’innover et de s’exprimer.
C’est aussi l’occasion de réaffirmer la responsabilité qui nous incombe d’œuvrer tous ensemble pour consolider l’unité nationale, retrouver le vivre ensemble et la cohésion sociale.
Tels sont les chantiers de transformation pour lesquels j’invite le Gouvernement à formuler des politiques sectoriels ambitieuses, audacieuses et réalistes.
Mes Chers Compatriotes ;
Vous conviendrez que transformer un pays, ne se fait pas en un jour. Nous avons des contingences immédiates et urgentes auxquelles nous devons nous atteler.
Nous devons aussi répondre aux attentes de nos partenaires et veiller à conserver leur confiance.
A cet effet, je demande au Gouvernement de procéder dans les brefs délais à l’élaboration d’une feuille de route visant à répondre aux urgences que constituent la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, l’amélioration du climat des affaires et la justice.
Notre Etat a la responsabilité de protéger les populations civiles contre les atrocités que leur infligent quotidiennement les groupes armés regroupés au sein de la rébellion de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC).

Je réaffirme mon engagement à veiller à ce que la justice soit rendue à toutes les victimes des crimes et délits commis par les fossoyeurs des droits humains.

L’Etat de droit que je m’emploie à construire depuis le 30 mars 2016 ne doit se satisfaire de la poursuite des exécutants des crimes. Les auteurs intellectuels et les complices doivent être poursuivis et punis conformément à la loi.

L’effectivité de la Cour Pénale Spéciale est un pas important vers la prise en compte des droits des victimes, car elle permettra de donner un coup de bélier à la culture de l’impunité qui a fait et continue de faire le malheur de notre pays.

Actions, changement, réformes, doivent être les maîtres mots de l’action gouvernementale.
Mes Chers Compatriotes ;
En dépit des tragédies connues, des vicissitudes de l’histoire et des menaces d’implosion, notre pays poursuit la réalisation de son destin.
Hélas, la division, le tribalisme, le népotisme, la corruption, érigés en modes de gouvernance politique, ont très vite vidé notre indépendance de son sens.
Pourtant, le feu Président Barthélemy BOGANDA nous a très tôt mis en garde, en ces termes, je cite : « La division, le tribalisme et l’égoïsme ont fait notre malheur dans le passé. La division, le tribalisme et l’égoïsme feront notre malheur dans l’avenir».
Nous avons tous vu ce que la division, le tribalisme et l’égoïsme ont causé dans notre pays : un retard chronique de développement socio-économique faisant de notre pays le plus pauvre au monde ; de milliers de pertes en vies humaines et des biens publics et privés, des déplacements massifs de nos populations, accompagnés de crises humanitaires aigues, des pillages de nos ressources naturelles, l’insécurité généralisée du fait de l’introduction dans notre pays des mercenaires étrangers pour la conquête brutale des pouvoirs de l’Etat à des fins égoïstes, pour ne citer que ces malheureux exemples.
Il est donc temps de mettre collectivement fin à ces maux identifiés comme les principales causes de notre malheur, si nous voulons hisser la République Centrafricaine au rang des pays émergents.
Mes Chers Compatriotes ;

Notre pays continue de faire face à des menaces de déstabilisation des institutions de la République et de déni de la démocratie, mais aussi à des défis économiques liés aux effets néfastes de la pandémie du Covid-19 sur la santé et l’économie mondiale.
A cette occasion, je réaffirme mon ferme attachement à la souveraineté nationale qui doit s’exercer sur l’ensemble du territoire, à l’indépendance effective de la République Centrafricaine.
La communauté internationale est mobilisée à nos côtés pour nous aider à trouver une réponse globale aux différents défis auxquels nous devons faire face.

En cette période de pandémie du COVID-19, je réitère mon appel à votre sens de responsabilité individuelle pour vous protéger et protéger les autres en allant vus faire vacciner et en appliquant les mesures barrières édictées par le Gouvernement.

Mes Chers Compatriotes,
La paix en République Centrafricaine dépend aussi de la paix dans nos pays voisins.
C’est pourquoi, je continuerai à œuvrer au renforcement des relations de bon voisinage avec tous les pays frères qui nous entourent, de même que je veillerai à la densification et à la diversification de nos relations d’amitié et de coopération avec tous les pays du monde.
Les préoccupations de notre pays au moment où nous célébrons ce 61ème anniversaire de l’indépendance nous incitent, tout naturellement à raffermir la paix et la réconciliation nationale à travers la mise en œuvre effective de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation du 6 février 2019.
Je tiens à exprimer notre gratitude à tous nos partenaires qui n’ont ménagé aucun effort pour appuyer la République Centrafricaine dans sa quête de la paix et du développement.

Mes Chers Compatriotes ;
Je ressens, comme en 2016, un désir ardent de construire un pays où il y a encore des raisons d’espérer, des raisons d’être fiers, un pays débarrassé du tribalisme, du népotisme, du régionalisme, de la corruption, de l’impunité, bref, un Etat de Droit.
En ce jour de souvenirs, je voudrais rendre un hommage particulier à nos Forces de défense et de sécurité pour leur sens élevé de patriotisme, de loyauté et de leur constante disponibilité à défendre l’intégrité du territoire, la souveraineté nationale, la paix et la sécurité.

J’associe à ces hommages les Casques bleus et les forces bilatérales russes et rwandaises pour leurs appuis à nos forces de défense et de sécurité dans les opérations de sécurisation du pays.
Nous savons tous qu’elles remplissent leurs missions dans des conditions très difficiles et au péril de leur vie.
Cependant, je leur demande d’accomplir cette périlleuse mission régalienne dans le strict respect des droits humains.
Je lance un vibrant appel aux forces vives de la Nation, à s’impliquer et à privilégier l’apaisement, la bonne foi, la sagesse et les débats d’idées.
.

C’est à ce prix que nous pourrons tous ensemble, dans un dialogue permanent, construire un pays moderne, démocratique et stable.

Au-delà de nos divergences d’idées, restons unis, car cette unité constitue notre force et notre meilleur atout face au défi de développement de notre pays.

Bonne Fête de l’indépendance à toutes et à tous.
Que Dieu bénisse la République Centrafricaine!
Je vous remercie

Source: La Renaissance

Komla AKPANRI

Je me nomme AKPANRI Komla, historien de formation, arbitre fédéral. Le journalisme est une passion pour moi plus précisément le journalisme sportif puisque je suis un sportif. Ayant fait une formation en histoire, j'aborde aussi des questions politiques, sociales et culturelles.

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