Togo/Privatisation de la BTCI, voici ce que pense l’honorable Gerry Taama

Au conseil des ministres de la semaine passée, le gouvernement togolais a annoncé la privatisation de la Banque BTCI. Juste après l’annonce, les togolais dont l’honorable Gerry Taama se sont prononcés sur la décision de l’État togolais.

Le président du NET, Gerry Taama sur sa page Facebook s’est prononcé aussi sur la décision prise par le gouvernement au conseil des ministres.

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«Depuis une semaine, je n’ai pas cessé d’être interpellé par des concitoyens : que pensez vous de la privatisation de la BTCI ?

Il faut dire que la BTCI n’est pas la première banque publique à être privatisée ‘ la Btd est déjà passée par là.

Ensuite, certains ont trouvé que les opposants ne s’indignaient pas assez de la privatisation de la cette banque. Il faut faut simplement noter que ces opérations ne demandent pas l’autorisation de l’assemblée nationale ou de toute autre instance. C’est le gouvernement qui décide de nationaliser ou de privatiser une société, lui seul en a l’autorité. Que les opposants lancent des cris d’orfraie ou non, cela ne changerait rien.

Pour finir, sur le principe, la privatisation est une bonne chose. Il y a plusieurs raisons mais je vais juste en citer deux: Les banques publiques sont souvent très mal gérées. Vous savez de quoi je parle et je ne ferai pas de grands débats. Tant que les fossoyeurs de ces grandes sociétés ne seront pas punis, il vaut mieux privatiser.. Ensuite, quand cette mauvaise gestion crée des trous, c’est avec l’argent du contribuable qu’on les recapitalise. Donc l’argent à vous et à moi. En privatisant, on règle au moins ces deux problèmes. Contrairement à ceux qui pensent qu’on ne dit rien, la question de la privatisation des banques a déjà été posée, et par moi, au gouvernement à l’assemblée nationale. La réponse qui nous a été donnée est que orabank par exemple, ex btd, affiche aujourd’hui les meilleurs résultats dans le pays, ce qui n’était pas le cas de la défunte btd. Donc la privatisation des banques serait efficace en nous faisant économiser de l’argent. Et si les emplois sont conservés, c’est tant mieux.
Les gens jouent parfois sur l’émotion et la naïveté d’une certaine opinion, en surfant avec des mots comme nationalisation, en oubliant de préciser que nous sommes dans un système libéral ou l’Etat n’a pas vocation à commercer mais plutôt à réguler.

Il y a par contre un point où je suis en partie d’accord avec ceux qui se prononcent sur ce sujet, c’est concernant l’origine des repreneurs. Certains sont pour un actionnariat populaire, et moi non. Tant que la gestion n’est pas consolidée, je ne suis pas partant pour cette approche. A la moindre faillite, c’est des milliers de petits porteurs qui perdent leurs économies et il faut éviter ça. Là où le bât blesse et le gouvernement ne nous donne pas de réponses satisfaisantes, c’est la raison pour laquelle les offres ne sont pas gagnées par des opérateurs économiques nationaux. Il existe aujourd’hui des fonds d’investissement nationaux qui peuvent gagner ces marchés, mais assez curieusement, c’est toujours des étrangers qui raflent la mise. Comme je ne cesse de le dire, le développement de notre pays dépend fortement d’un secteur privé fort. Nous avons besoin de Dangoté au Togo.

La vérité est que ces banques ont cessé depuis longtemps de servir l’Etat. Aujourd’hui, pour garnir sa trésorerie, l’Etat fait de plus en plus appel aux emprunts obligataires, avec des taux de 5 à 6%, là où ces banques tournent à 8 à 10%.
Autrefois, ces banques étaient bienveillantes avec les fonctionnaires, mais les projets d’une banque du trésor et d’une banque digitale vont palier en partie ces problèmes.

On peut à raison se poser des questions sur la célérité de l’opération de cette privatisation, la holding IB ayant été créé uniquement depuis un mois, pour des appels à candidature qui datent de 2018, alors qu’il y a avait déjà une cinquantaine de candidats en attente. S’il y a collusion d’intérêts, les journalistes d’investigation peuvent nous la révéler. Autrement, les soumissionnaires éconduits peuvent aussi porter plainte contre l’Etat Togolais, s’il y a des vices de procédure. Mais pour moi, il faut privilégier en permanence la préférence nationale. Toujours.

Dites moi ce que vous pensez de cette privatisation.. Vos avis m’intéressent.

Réfléchissons vivant.»

Gerry.

Komla AKPANRI

Je me nomme AKPANRI Komla, historien de formation, arbitre fédéral. Le journalisme est une passion pour moi plus précisément le journalisme sportif puisque je suis un sportif. Ayant fait une formation en histoire, j'aborde aussi des questions politiques, sociales et culturelles.

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