Centrafrique/Assemblée Nationale: Des journalistes chassés comme des malpropres par les protocoles


L’Assemblée Nationale est devenue un lieu où les journalistes évitent d’y mettre les pieds pour des couvertures médiatiques. C’est étrange dans un pays où le rôle des journalistes ou leur présence à certains dérangent ceux qui se reprochent beaucoup de choses.

Une triste réalité nous a convaincu le 01 septembre 2021 au moment où le président Faustin-Archange Touadéra a témoigné de sa présence à la cérémonie d’installation des membres du comité d’organisation du dialogue républicain.
En effet, au début de ladite cérémonie des personnalités invitées pour la circonstance viennent après les autres pour s’installer avant l’arrivée du Chef de l’Etat. C’est ainsi que des journalistes qui viennent pour la couverture médiatique se sont installés également dans l’hémicycle avant que les choses sérieuses commencent. D’ailleurs, la place qu’occupaient les journalistes leur est réservée habituellement.
Tout d’un coup, deux protocoles de la Présidence de la République et ceux de l’Assemblée Nationale apparaissent en face des journalistes avec l’air pompeux. Ils plient les fronts, vocifèrent et haussent le ton en criant sur les journalistes de déguerpir le lieu.


« Qui vous a dit de vous installer ici ? Vos places ne sont pas ici et votre présence à cette cérémonie n’a pas de sens. Ici, c’est réservé aux personnalités pas comme vous-là. Allez, dégagez ! Si vous insistez dans un instant, les militaires vont se ruer sur vous très rapidement », A lâché ce protocole.

Suite à l’insistance de certains journalistes qui ne veulent obtempérer à ces ordres maléfiques, le protocole en chef a fait appel aux militaires qui sont venus chasser les journalistes de la place. Drôle d’histoire dans un État qui se dit de droit mais sans la présence de la presse :

«Et si je devrais choisir entre un gouvernement sans journaux ou des journaux sans gouvernement, je retiendrais sans hésiter la seconde solution » disait Thomas Jefferson.


C’est vraiment un terrible évènement qui a étonné les ministres, les diplomates et plusieurs personnalités présents à ladite cérémonie. Comment comprendre qu’une telle cérémonie ne soit pas couverte par les média qui sont incontournables et qui marquent leur présence pour relayer l’information dans leurs différents organes de presse ? Ne dit-on pas que la presse est le quatrième pouvoir .

« Nous savons que la mise en place des compatriotes qui composent les yeux du prochain dialogue n’est pas appréciée par certaines personnalités de la Présidence de la République qui sont plongées dans les affaires louches et dont d’autres sont de mèche avec la CPC. Ce sont eux qui montent ce protocole dont en y regardant, son niveau d’étude n’atteint pas la valeur d’un mauvais beignet de maïs. Mais comme nous savons tous que le tribalisme, le régionalisme, le clientélisme sont les critères de sélection et de nomination dans ce pays, ils sont là et font la pluie et le beau temps. Le journaliste le moins instruit est titulaire d’une licence allons y voir ce complexe lorsqu’un protocole doit s’exprimer dans la langue de Molière ou ces soldats que l’on manipule à la solde des galons. On voudrait des braves hommes qui peuvent aller chasser Bozizé et sa CPC et non ceux qui utilisent les armes de l’Etat contre les journaliste comme fut le cas encore ce jeudi 3 septembre où les policiers de l’aéroport et un commandant de la garde présidentielle ont fait leur démonstration d’armes face à la presse alors qu’il était tout simplement question d’accueillir le ministre Libyen des Affaires étrangères qui séjourne actuellement dans ce pays », a témoigné une source politique.


En tout cas, c’est la honte totale pour ceux qui se disent des protocoles qui sont ramassés comme des malpropres pour assumer cette fonction. En Centrafrique, la plupart des protocoles ne fréquentent aucunement une école en la matière. Nous avons à faire avec des vrais bandits protocolaires qui n’ont aucun respect pour les autorités à l’occasion des cérémonies officielles. Ces protocoles qui exercent en Centrafrique connaissent-ils le rôle de la presse qui est le quatrième pouvoir ? C’est une honte totale pour le pays si les journalistes qui sont à la recherche d’informations, sont chassés comme des chiens. A nos autorités de déclarer officiellement que les médias ne peuvent plus exercer en Centrafrique ou alors il faut que des mesures soient prises à l’encontre de ces « protoculeux ».

Komla AKPANRI

Je me nomme AKPANRI Komla, historien de formation, arbitre fédéral. Le journalisme est une passion pour moi plus précisément le journalisme sportif puisque je suis un sportif. Ayant fait une formation en histoire, j'aborde aussi des questions politiques, sociales et culturelles.

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