L'Ukraine est tout à la fois le berceau de la Russie actuelle, une périphérie du monde russe de la fin du Moyen-âge et un Etat distinct avec ses

L’Ukraine et la Russie, quelle histoire?

L’Ukraine est tout à la fois le berceau de la Russie actuelle, une périphérie du monde russe de la fin du Moyen-âge et un Etat distinct avec ses institutions sa langue, sa culture et son histoire.

Pour comprendre les rapports fort compliqués qu’entretiennent de nos jours la Russie et l’Ukraine il faut se plonger dans la longue histoire du monde russe ou – pour le dire mieux – des Slaves orientaux.

Tout commence au IXème, quand des marchands-guerriers-aventuriers scandinaves – que l’on nomme Varègues – jettent les bases d’un Etat dont la première capitale est Novgorod.

Acte I – Naissance de la Rus’ de Kiev

A partir de là, la situation évolue rapidement :


• Tout d’abord, l’Etat que fonde les Varègues s’agrandit considérablement (carte 1) ;


• Ensuite, les Varègues – qui sont peu nombreux – s’acculturent à la vitesse grand V tant et si bien qu’ils finissent par être totalement assimilés aux peuples slaves qu’ils dirigeaient au départ ;


• Enfin, la capitale de cet Etat que l’on appelle la Rus’ – pas la Russie, c’est important – passe de Novgorod à Kiev.

Indéniablement, la Rus’ de Kiev constitue donc le berceau de la Russie actuelle mais aussi de l’actuelle Ukraine.

Jusque-là tout va bien.

Acte II – Les invasions mongoles et la fragmentation de la Rus’ de Kiev

Tout se complique avec les invasions mongoles qui submergent pratiquement tout le monde russe entre 1237 et 1241. Cet évènement traumatique fait éclater la Rus’ de Kiev en trois ensembles au moins :


• Au nord-ouest, Novgorod et Pskov ont échappé à la conquête et à la destruction. Elles se soumettent aux Mongols mais elles conservent pratiquement leur indépendance et leurs institutions… jusqu’à ce que les Moscovites ne les conquièrent à leur tour mais, ça, c’est une autre Histoire…


• Un vaste territoire, au centre, autour de Moscou, est envahi, saccagé mais évacué par les Mongols qui se contentent ensuite de prélever un lourd tribut (le iassak) quitte à organiser pour cela des opérations punitives. C’est à partir de ces territoires – sous l’égide de Moscou – que va s’organiser le rassemblement des terres russes.


• Enfin, les terres de la Rus’ au sud, autour de Kiev, sont également envahie, saccagée… mais pas évacuées par les Mongols qui tentent de se maintenir dans la région. Tentent car la grande puissance de l’Europe orientale de la fin du Moyen-âge, la Pologne-Lituanie, exerce une pression continue sur le khanat de la Horde d’or (héritier des Mongols) jusqu’à lui arracher de vastes territoires qui englobent une grande partie de l’Ukraine actuelle (Kiev est annexée en 1362 par exemple – carte 2). C’est à partir de cette époque que – tant à Moscou qu’à Cracovie

– on désigne ces territoires comme une marche, une frontières : c’est précisément l’étymologie du mot Ukraine.

Acte III – Unité… et divergences

Dans les vastes territoires de l’Ukraine actuelle, la situation se dégrade rapidement. Dès la fin du XVIème siècle, en effet, les communauté cosaques commencent à se révolter contre la noblesse polonaise pour tout un tas de bonnes (et de mauvaises) raisons.

En 1648, l’ataman Bogdan Khmelnitsky dirige une grande (et sanglante) révolte contre la Pologne-Lituanie. Les Cosaques n’étant pas assez puissants pour vaincre ses adversaires, Khmelnitsky fait appel à la Moscovie (qui n’est pas encore la Russie) qui entre à son tour dans la guerre et arrache Kiev et les territoires de la rive gauche du Dniepr aux Polonais.

Au siècle suivant, les trois partages de la Pologne (1772, 1793, 1795 – carte 3) permettent à la Russie d’annexer de vastes territoires – polonais depuis plusieurs siècles – qui correspondent à l’ouest de l’Ukraine actuelle. La Russie a pratiquement acquis sa forme actuelle.

Que retenir de tout cela ?

Et bien que l’Ukraine actuelle et l’actuelle Russie partagent une origine commune – la Rus’ de Kiev – dont le berceau se situe dans l’Ukraine d’aujourd’hui.

Ensuite que les aléas de l’Histoire expliquent à la fois les similitudes des Russes et des Ukrainiens mais aussi et surtout leurs différences car pendant près de 400 ans, les cultures russes et ukrainiennes se sont développées dans des contextes, à un rythme et selon des modalités différentes.

Et que – tout bien considéré – passées les invasions mongoles, Russes et Ukrainiens ont vécu plus longtemps séparés qu’ensemble.

Komla AKPANRI

Je me nomme AKPANRI Komla, historien de formation, arbitre fédéral. Le journalisme est une passion pour moi plus précisément le journalisme sportif puisque je suis un sportif. Ayant fait une formation en histoire, j'aborde aussi des questions politiques, sociales et culturelles.

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