Bon, évidemment, parler d’Ukraine et de Russie dans l’Antiquité est un complet anachronisme. Le deux pays étaient des amis inséparables surtout

L’Ukraine et la Russie dans l’Antiquité : le grenier à blé d’Athènes

Bon, évidemment, parler d’Ukraine et de Russie dans l’Antiquité est un complet anachronisme. Le deux pays étaient des amis inséparables surtout qu’ils possèdent des terres très riches pour l’agriculture.

Au Vème siècle av. J.-C., les steppes de la Russie du Sud et de l’Ukraine actuelle étaient peuplées, non de Russes et d’Ukrainiens bien sûr, mais de nomades, les Scythes, lesquels dominaient des populations d’agriculteurs sédentaires dont on ne sait que fort peu de chose. Hérodote désigne ces derniers sous le doux vocable de Scythes laboureurs, histoire de nous faire comprendre à quoi ils occupaient leurs journées.

Cette région possédait alors tout comme aujourd’hui des sols extrêmement riches (et donc productifs) : les célèbres terres noires, les tchernoziom (je suis sûr que vous vous souvenez de vos cours de géo au collège).

Soit dit en passant, ce terme de tchernoziom provient du russe чёрная земля (tchornaïa zemlia), qui signifie… terres noires évidemment.

Bref, revenons à nos Scythes laboureurs.

Ces derniers cultivaient donc toutes sortes de blés pour le plus grand profit des Scythes pas laboureurs qui collectaient lesdites céréales – ça ressemble à l’accumulation socialistes primitives vantée par un certain Joseph S. quand on y pense – pour les vendre aux Grecs en général et aux Athéniens en particulier.

A ce propos, si il y a une chose qui ne change pas, c’est bien la nature des échanges entre une économie développée (Athènes par exemple) et une économie qui ne l’est pas (les Scythes laboureurs). La première exporte des produits manufacturés (de la céramique notamment) et des produits de luxe et importe des matières premières. Pour la seconde, c’est bien sûr l’inverse.

Attirés par ce commerce lucratif, les Hellènes (et les garçons) s’étaient du reste empressés de fonder un chapelet de colonies sur les rives de la Mer Noire, pardon, du Pont Euxin, notamment sur les côtes de l’actuelle Crimée, la Tauride des Anciens.

Avec le développement de la puissance d’Athènes, le contrôle de la route maritime qui conduisait de l’aride Attique aux ports de la rive nord du Pont Euxin devint un enjeu stratégique de première importance.

C’est d’ailleurs en luttant pour contrôler les détroits que les Athéniens furent finalement défaits au terme de la guerre du Péloponnèse. Et c’est encore en tentant de maintenir leur contrôle sur la précieuse route qu’ils furent confrontés à l’impérialisme expansionniste de Philippe II (pas celui de Braudel, non, l’autre, le papa d’Alexandre).

Ci-dessous : le monde d’après Hérodote. Dans le cercle rouge, le Pont Euxin et le domaine des Scythes laboureurs et nomades. Carte : Bibi Saint-Pol.

Komla AKPANRI

Je me nomme AKPANRI Komla, historien de formation, arbitre fédéral. Le journalisme est une passion pour moi plus précisément le journalisme sportif puisque je suis un sportif. Ayant fait une formation en histoire, j'aborde aussi des questions politiques, sociales et culturelles.

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