Le Pr Laurent Bado, homme politique et fondateur du PAREN a réagit dans une interview sur la situation que traverse le burkina Faso ces

Découvrez l’intégralité de l’interview du Professeur Laurent Kilachu BADO sur la situation du Burkina Faso

Le Pr Laurent Bado, homme politique et fondateur du PAREN a réagit dans une interview sur la situation que traverse le burkina Faso ces derniers temps. L’homme politique a abordé aussi les questions portants sur la société burkinabè.

« Je vais parler pour dire quoi encore ? Quand vous parlez, on vous in »sulte. On vous traite de beau-parleur. Il y a même quelqu’un qui a dit qu’il ne faut plus présenter un micro à cet oiseau de mau’vais augure. Parce que j’ai dit que les portes de l’en »fer vont s’ouvrir bientôt devant les Burkinabè… » ;

Le Professeur Laurent BADO à propos de la jeunesse burkinabè :

« C’est une jeunesse qui est capable de faire faire des miracles au Burkina Faso, mais il faut encore un gouvernement intelligent qui sache utiliser cette jeunesse. Jusqu’à présent on l’a exploité. Même mes propres étudiants, les cars venaient à l’Université les transporter pour aller voter le CDP jusqu’à Ouahigouya. Des étudiants qui devaient donner des leçons à leurs frères qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’Université (… ) Je reconnais que les jeunes ont fait de moi un Député, mais il y a des brebis galeuses parmi ces jeunes. J’imagine qu’avec ce qu’il s’est passé, les jeunes prendront conscience qu’il est de leur devoir de se battre pour le vrai, le juste et le bien…» ;

Le Pr Laurent Bado à propos des événements de janvier 2022 qui ont causé la chute de régime Kaboré :

« Il est difficile d’en parler car il y a le cœur et la raison. Je sais qu’un type comme Roch Marc Christian Kaboré est un homme gentil, doux, etc… Et c’est peut-être ça, sa fai’blesse. Il ne savait pas fra’pper (…)S’il m’avait demandé mon avis, je lui aurai dit que nous courons vers la per’te… » ;

« Si Damiba m’avait demandé ce que je pense de son envie de faire revenir Blaise Compaoré, j’allais lui dire : attention ! En droit, normalement, arrivé à l’aéroport il est ligoté (…) Blaise est au courant de tout ce qui se faisait avant. On peut même dire qu’il y est pour beaucoup dans le jihadisme à l’heure actuelle(… ) Il est venu, il n’a pas parlé et il est reparti…» ;

« Vous savez, je suis quelqu’un de biz’arre. Dans ma vie je n’ai pas de pitié. Quand quelqu’un est un cr’iminel né qui fait du m’al et ne sait pas s’hu’milier, ça augmente ma co’lère. Blaise avait des chances dès le point de départ, de demander pardon et de venir. Je ne sais pas qui l’a conseillé et convaincu (…) Il aurait pu venir bien avant. D’abord c’est un Capitaine. Il aurait pu dire : me voici peuple Burkinabè avec mes qualités et mes dé’fauts. Jugez-moi, con’damnez-moi, tuez-moi si vous voulez. Je vous ai servi avec mes possibilités. Je vous demande donc pardon pour mes éc’hecs… » ;

Le Pr Laurent Bado est revenu sur la prise du pouvoir et l’investiture de Paul Henri Damiba :

« Le Droit constitutionnel n’a rien à avoir avec ces clow »neries. Il n’a pas été élu! Il a fait un put »sch. Et vous demandez au gardien de la loi au Burkina Faso, au gardien de la pureté juridique au Burkina Faso de venir vous bénir. De vous reconnaître comme étant digne de gouverner. Je comprends que les amis de la Cour constitutionnelle ont subi une pression… Roch Kaboré a dé’missionné mais l’autre n’a pas été élu. » ;

« Damiba a demandé à ce que je sois un maillon de son régime. Je lui ai dit que je suis vieux et fa’tigué. Mais je peux rendre service à mon pays. Je suis certes vieux mais je suis plus jeune que des personnes de 25 ou 30 ans. Je lui ai dit que : si vous avez des décisions importantes, faite-moi appeler et je vous donne mon point de vue. Je ne veux pas être assis dans un bureau et être payé à la fin du mois. C’était simplement de donner mon avis en tant que fils du pays. Mal’heureusement, je n’ai rien vu… » ;

Le Pr Laurent Bado à propos du Comité d’orientation et de suivi de la Transition (COST) :

« J’étais aussi contre le COST. Il était composé d’une quarantaine de bons Hommes. Je résume ma pensée : Le Président avec son MPSR devait gouverner par ordonnance. Pas besoin d’Assemblée législative de transition. Il légifère par ordonnance et cette ordonnance a valeur de loi dès sa signature. Si plus tard on veut modifier cette ordonnance, il faut une loi et non pas une autre ordonnance… Au lieu du COST, il fallait un petit comité de gens sérieux, voyants, qui ont des idées, qui peuvent criti’quer et dire la vérité… » ;

« Je ne pouvais pas dire à Damiba qu’il allait bientôt tomber. J’allais me faire des en »nemis pour rien. Je suis honnête et droit. Un président, s’il a mon caractère, il va me dire : Laurent Bado, ta gu’eule ! » ;

« Quand on dit Conseil des ministres, c’est Conseil de nominations. Rien que des nominations. Plus g’rave, ce sont des Lieutenant-colonels qui sont nommés à la tête des entreprises d’Etat. Qu’est ce qu’un militaire connaît dans la gestion économique et financière ? C’est son rôle ? Au moment où l’on veut que tous les militaires soient au front pour libérer le peuple ? Ce que je dis, c’est la perception des jeunes que je traduis… On vient se récompenser entre copains et gérer les entreprises juteuses. C’était une err »eur » ;

Le Pr Laurent Bado à propos de l’exile de Paul Henri Damiba :

« Il est jeune! Un exile pour faire quoi ? Il n’a qu’à revenir au Burkina. On ne va pas le tuer. Si le régime actuel tue Sandaogo (Damiba), mon vieux (…) Ce n’est pas ce que le peuple Burkinabè veut réellement. Quand il réclame, il réclame ! Mais le reste après, il est prêt à pardonner. Ce peuple a une onction divine… » ;

Le Pr Laurent Bado (Homme politique et fondateur du PAREN), à propos de la mine de Perkoa :

« C’est 1 400 personnes licenciées. Je félicite la mine parce qu’elle a payé les gens jusqu’ici. Elle ne peut pas faire l’impossible. Il se trouve qu’elle n’a pas d’argent pour reprendre et il est difficile de trouver des bailleurs de fonds… » ;

Le Pr Laurent Bado à propos du système éducatif burkinabè :

« L’école est intrinsèquement pe’rverse au Burkina Faso. Des gens peuvent facilement emprunter de l’argent et créer des écoles. L’enseignant lui-même n’est rien. Je crée par exemple mon école et c’est mon parent, mon cousin, mon neveu qui a fait l’Université mais qui est au chômage qui va enseigner là-bas. Il enseigne quoi ?

Il y a quelque chose qui ne va pas. Il faut revoir la formation scolaire, l’éducation mais jusqu’à aujourd’hui, aucun gouvernement, aucun parti politique n’a une idée claire de ce qu’il faut faire en la matière… » ;

« Je ne peux pas dire que la gouvernance de Roch était mau’vaise. Il se débrouillait et même les affaires reprenaient, même si c’était d’après moi dans le mau’vais sens. Parce que c’était pour enrichir des amis et ap’pauvrir des millions d’Hommes. Oui il faisait ce qu’il pouvait, mais ce qui lui est arrivé une leçon pour tout autre. En politique, on s’en fout des amitiés. C’est le peuple. Si ton ami vole, il est en prison (… ) Un régime ne doit pas être là avec une histoire de copinage.» ;

« On a sup’primé la peine de m’ort parce qu’on voulait demander à la France de nous envoyer François (NDLR : principal accusé dans le dossier de l’assa’ssinat du journaliste Norbert Zongo et frère cadet de l’ex-président Blaise Compaoré). Si j’étais président du Faso, j’allais remettre en place la peine de m’ort… » ;

Le Pr Laurent Bado au sujet de la CEDEAO aujourd’hui rejetée par la jeunesse :

« Vous croyez que c’est seulement la jeunesse ? Je vais vous donné un secret. Moi je rej’ette la CEDEAO. Ça n’a qu’à disparaitre ! Juste là pour nourrir des individus et petits copains qui ont 9 à 12 millions par mois. Au Burkina Faso nous souffrons mais est-ce que la CEDEAO nous a donné un franc pour notre armée ? Elle nous a envoyé un soldat ou un fu’sil ? Mais ils se prennent pour qui ces gens-là ? Ils défendent des Chefs d’Etats in’dignes, c’est tout ! Pourquoi on fait un C’oup d’Etat ? (…) Je n’aime pas les manières de voir de la CEDEAO… » ;

Le Pr Laurent Bado , « serait-il prêt à être Président de la Transition au Burkina Faso ? » :

« D’abord il faut éc’arter ça complètement ! C’est une idée folle qui vous fatigue la tête pour rien. Vous savez, j’ai toujours fait hor’reur aux Hommes politiques (…) On les connaît aussi ces gens-là (membres des assises nationales). Je les ai frottés pendant longtemps. Jamais ils n’accepteront. C’est moi qui le dis. Ce que je demande à Dieu, c’est que tout simplement on se dise quelles institutions mettre en place. Pour le reste, même le retraité que je suis a un rôle à jouer… » ;

« Il ne viendra à personne l’idée de me mettre Président de la Transition parce qu’ils savent que je suis autoritaire. Là où il y a le bien, le juste et le vrai, je ne m’amuse pas. On peut me couper la tête. Le monde est p’ourri, co’rrompu à m’ort. Ces gens ne peuvent pas s’approcher de moi. Je leur fait ho’rreur… » ;

Le Pr Laurent Bado à propos des principales réformes dont a besoin le Burkina Faso :

« Les peuples ont seulement besoin d’Espoir. Ce n’est pas de la nourriture seulement que vivent les peuples. C’est de savoir que bientôt, telle chose prendra fin et telle chose nouvelle viendra. Il y aura changement ici et là ! Pendant que nous y sommes, je préférerais être Conseiller spécial du président (rires) pour dire à un tel ministre : Fais sortir un texte là !… » ;

Le Pr Laurent Bado à propos de l’incivisme :

« Appelez la police et soyez c’ruel ! Celui qui ne respecte pas le feu rouge, augmentez la contravention et mettez ça à 30.000 francs CFA si c’est un vélomoteur. 15.000 F pour le policier qui est au soleil et 15.000 F pour son service. Et il doit payer ça dans la journée. S’il ne paie pas, le vélomoteur n’est plus à lui. On va voir s’il va continuer à jouer au dindon. Les gars s’en foutent au Burkina et c’est hon’teux ! Alors qu’il y a des pays qui donnent l’exemple, comme le Ghana… » ;

Le Pr Laurent Bado sur l’avenir du pays et comment éviter les cr’ises militaro-politiques :

« La qualité ne vient pas du grand nombre. Je pense qu’au Burkina Faso nous savons de quoi nous souf’frons. Il faut déjà essayer de voir ça. Si nous apportons des réponses à ça, nous pourrons nous intéresser à ce qu’on n’a pas vu (…) Il faut tout faire pour donner de l’espoir à la jeunesse, sinon le Burkina Faso c’est fini. Pour les emplois je propose l’actionnariat populaire… » ;

« Ça fait 40 ans que je parle, mais on riait. On me traite de bavard, oiseau de m’auvais augure. Écoutez, je suis un plaisantin et chez moi un frère reste un frère. J’aime mon prochain. Mais quand tu parles aux gens et qu’ils ne veulent pas t’écouter, il vaut mieux les laisser descendre en en’fer ! » ;

« Aux jeunes, je dis courage ! Qu’ils aient le courage de dire la vérité mais on leur demande de dicter aux gouvernants les décisions à prendre. Parce que quelqu’un qui est sur une montagne voit mieux l’horizon que celui qui est en bas »

Ouagadougou, le 09 Octobre 2022


Source: Burkina Info TV

Komla AKPANRI

Je me nomme AKPANRI Komla, historien de formation, arbitre fédéral. Le journalisme est une passion pour moi plus précisément le journalisme sportif puisque je suis un sportif. Ayant fait une formation en histoire, j'aborde aussi des questions politiques, sociales et culturelles.

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