Dès que le président russe Vladimir Poutine a officiellement annoncé l’annexion des quatre régions récemment capturées au territoire russe

Pourquoi l’Occident prend au sérieux la menace nucléaire du Kremlin?

Dès que le président russe Vladimir Poutine a officiellement annoncé l’annexion des quatre régions récemment capturées au territoire russe, le porte-parole du Kremlin n’a pas exclu la probabilité de l’usage d’armes nucléaires, en cas de toute agression éventuelle en Russie ou dans ces quatre régions récemment annexées.

Pour certains politologues, une telle menace sérieuse pourrait être interprétée comme la victoire de Moscou contre l’Ukraine et ses alliés occidentaux.

Lors de la cérémonie d’officialisation d’annexion, Vladimir Poutine a fustigé l’Occident et l’a accusé de vouloir à tout prix détruire la Russie. Il a par ailleurs souligné que son pays tire parti de toute arme pour se défendre.

Les propos du maître du Kremlin ont vivement inquiété l’Occident. Même le président américain, Joe Biden, n’a pas dissimulé ses soucis à cet égard, alertant sur le danger d’une apocalypse nucléaire.

Habitué généralement à comparer l’ère de John F. Kennedy à la sienne, Biden a prétendu:

«Nous n’avons pas été confrontés à la perspective d’un Armageddon depuis Kennedy et la crise des missiles de Cuba».

«Depuis la crise des missiles de Cuba en 1962, il y a le plus haut niveau de danger d’une guerre nucléaire hypothétique», a-t-il ajouté.

D’après le président démocrate, «Poutine ne plaisante pas quand il parle d’un usage potentiel d’armes nucléaires, tactiques ou d’armes biologiques ou chimiques, car son armée, on pourrait le dire, est très peu performante.»

La littérature apocalyptique du président américain a cependant incité le mécontentement de nombre de ses détracteurs qui pensaient que si Poutine menaçait d’utiliser des armes nucléaires contre l’Ukraine, Biden, parlant avec certitude à ce sujet, a pratiquement poussé l’atmosphère vers la « normalisation » de la question de l’usage d’armes nucléaires.

Biden a bien sûr formulé ses propos en se basant sur les prévisions de la CIA. Avant le locataire de la Maison Blanche, le chef de la CIA, William Burns, avait tiré la sonnette d’alarme sur l’aspect sérieux des menaces de Poutine.

Cependant, le président américain a finalement dû revenir sur ses récents propos pour changer le ton et remplacer ses termes provocateurs.

On peut dire que ce type de prédiction a augmenté les exigences et les estimations concernant l’utilisation des armes nucléaires dans les guerres, et cette question dans l’ensemble n’était pas dans l’intérêt de n’importe quel pays du monde, en particulier des pays occidentaux et européens.

Que l’on veuille ou non parler de l’utilisation d’armes nucléaires dans la guerre en Ukraine, il doit en tout état de cause y avoir une estimation du moment où cette guerre, qui est en fait entre la Russie et le front occidental, pourrait devenir nucléaire.

Le fait est que la réponse à cette question dépend de la modalité d’approche des dirigeants des parties en lice.

La réponse à cette question dépend de la façon dont les dirigeants de ces pays voient la nécessité d’utiliser des armes nucléaires. Le président russe Vladimir Poutine estime dans ce contexte :

«De la guerre en Ukraine, la coopération de l’Occident avec Zelensky et de la transformation de l’Ukraine en une base et un stockage d’armes stratégiques de l’OTAN, il ressort que l’Occident cherche à détruire la Russie».

Ce sujet était évoqué même à l’époque d’avant-guerre, où le Kremlin ne cessait d’avertir les Américains concernant l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

Sur cette base, si l’Occident cherche à intensifier davantage la guerre ou à fournir à l’Ukraine des armes plus avancées pour attaquer la Russie, ou attaquer des territoires annexés, l’option ultime de Moscou ne sera absolument pas que l’utilisation – même limitée – d’armes nucléaires pour avertir l’Occident.

Washington et ses alliés européens sont bien conscients que si Moscou utilise des armes nucléaires, le principal problème n’est pas l’Ukraine et l’annexion de l’Ukraine à la Russie, mais le nouveau problème est la nécessité pour l’Europe et son partenaire américain d’entrer directement dans la guerre opposant la Russie et l’Ukraine.

Dans ce cas, ils ne peuvent plus appeler l’Ukraine à résister devant l’armée russe avec une aide financière et des armes de la partie occidentale.

Par contre, ils doivent cette fois entrer directement et rapidement en guerre, et cela signifie le déclenchement d’une troisième guerre mondiale. Ils doivent pour cela prédire quelle arme utiliser dans cette éventuelle guerre face aux armements nucléaires russes.

Dans ce sens, Reuters a rapporté des entraînements des membres de l’OTAN dans le domaine de l’utilisation des bombes nucléaires.

Lors dudit exercice, 60 avions à peu près s’exerceront à l’utilisation de bombes nucléaires américaines en Europe en effectuant des vols d’essai au-dessus de la Belgique, de la mer du Nord et de l’Angleterre.

La porte-parole de l’OTAN, Oana Lungescu, a affirmé : « Cet exercice vise à garantir que la dissuasion nucléaire de l’alliance reste sûre, solide et efficace ».

Si l’Occident veut également répondre aux menaces de Moscou avec des armes nucléaires, non seulement l’ordre mondial, mais aussi de nombreuses équations et la paix et la sécurité mondiales seront compromises, et le monde retournera en fait 80 ans en arrière à l’époque de la Seconde Guerre mondiale et ce sera à coup sûr la plus grande menace pour le leadership américain.

C’est pourquoi certains analystes sont d’avis que même une menace sérieuse et d’ordre nucléaire de la part des Russes pourrait être interprétée comme la victoire de Moscou contre l’Ukraine et ses alliés occidentaux.

Plus précisément, cela rappelle à l’Occident qu’il ne s’agit pas cette fois-ci d’un conflit avec les pays d’Asie de l’Ouest, mais il est question d’une confrontation dangereuse à une puissance atomique qui, pour protéger ses intérêts, peut être une menace indéniable contre l’Occident et changer l’ordre mondial à la fois.

Komla AKPANRI

Je me nomme AKPANRI Komla, historien de formation, arbitre fédéral. Le journalisme est une passion pour moi plus précisément le journalisme sportif puisque je suis un sportif. Ayant fait une formation en histoire, j'aborde aussi des questions politiques, sociales et culturelles.

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