Xavier Driencourt s’est exprimé dans les colonnes du Figaro, dans une interview concomitante à la polémique créée par l’assassinat de la jeun

France: Driencourt rejoint Le Pen et Zemmour : «Moins de visas pour les Algériens»

Xavier Driencourt s’est exprimé dans les colonnes du Figaro, dans une interview concomitante à la polémique créée par l’assassinat de la jeune Lola par une ressortissante algérienne, visée par une obligation de quitter le territoire français. Interrogé sur la possibilité de faire pression sur l’Algérie, accusée de refuser de recueillir «ses» sans-papiers que la France veut expulser, l’ancien ambassadeur de France à Alger a estimé qu’«autant cela peut marcher avec certains pays, autant avec l’Algérie cela me paraît inopérant». «Les transferts privés bancaires sont peu nombreux en dinars algériens car le dinar algérien est inconvertible», a-t-il expliqué, en ajoutant qu’«il existe un cours parallèle du dinar algérien, il existe un marché noir du dinar paradoxalement officiel en Algérie, qui se fait de main en main, en espèces».

«Par ailleurs, a encore affirmé Xavier Driencourt, compte tenu de la forte communauté algérienne ou binationale en France, les transferts d’argent se font principalement dans les arrière-cafés de la Bastille, Saint-Denis ou Marseille, pas par les banques ou Western Union.» «C’est un système de compensation privé entre un bistrot algérien et un particulier : je te donne des euros au taux parallèle contre des dinars que tu me donneras à Alger quand j’irai en vacances», a-t-il précisé, avec une certaine légèreté. Et de s’interroger : «Va-t-on contrôler tous les cafés kabyles de Paris ?» «Soyons sérieux !» a-t-il répondu sur un ton sec, ponctué d’un soupçon d’ironie.

L’auteur de L’Enigme algérienne, chronique d’une ambassade à Alger a, cependant, aiguillé les autorités de son pays sur une «gamme de moyens d’actions» que la France «n’utilise pas» contre l’Algérie. Lesquels ? Il ne faut pas chercher bien loin pour les deviner : «Les principaux, pour parler net, ce sont les visas.» Pourquoi ? Parce que «ceux-ci sont absolument nécessaires à la société algérienne, et Alger est soumis à une très forte pression interne», avise-t-il, en soulignant que «fermer le robinet des visas ou réduire fortement leur nombre, comme l’a fait le gouvernement français à l’automne 2021, a été assez efficace». Si efficace, réagit-on à Alger, que le président Emmanuel Macron et sa Première ministre, Elisabeth Borne, se sont relayés à Alger pour y distribuer les panégyriques et vanter l’excellence des relations entre les deux pays, histoire de récupérer quelques millions de mètres cubes de gaz avant que la totalité de cette ressource énergétique vitale, difficilement disponible, ne soit pompée par l’Italie et l’Espagne – malgré la crise entre Alger et Madrid.

Le diplomate à la retraite joint sa voix à celle d’Eric Zemmour et Marine Le Pen, en suggérant de «réduire l’accès au territoire français aux – nombreux – détenteurs de passeports diplomatiques» et de «diminuer les visas étudiants». «Les visas et les accords de 1968 sont de fait le levier principal» pour exercer des pressions sur l’Algérie, soutient-il, en demandant la révision de ces accords et en accusant les autorités algériennes qui refusent de délivrer les laissez-passer consulaires à tire-larigot pour peu que le ministère de l’Intérieur soumette une liste d’indésirables à renvoyer d’opposer des «arguments spécieux».

Xavier Driencourt dit, en somme, tout haut ce que les dirigeants français qui nous gavent de discours mielleux pensent tout bas. Concédons-lui au moins ce «mérite».

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Komla AKPANRI

Je me nomme AKPANRI Komla, historien de formation, arbitre fédéral. Le journalisme est une passion pour moi plus précisément le journalisme sportif puisque je suis un sportif. Ayant fait une formation en histoire, j'aborde aussi des questions politiques, sociales et culturelles.

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