Les dernières pluies ont provoqué un débordement du fleuve Mouhoun depuis le 25 septembre 2022. A environ 2 km du fleuve, les

Plus de 2 600 hectares du Grenier du Burkina submergés par les eaux

Les dernières pluies ont provoqué un débordement du fleuve Mouhoun depuis le 25 septembre 2022. A environ 2 km du fleuve, les eaux ont envahi les cultures sur plus de 2 617,3 hectares, selon les estimations provisoires de la direction régionale en charge de l’agriculture.

La bonne pluviométrie de cette campagne agricole 2022-2023 n’a pas fait que des heureux dans la région de la Boucle du Mouhoun. Les fortes pluies du mois de fin septembre à début octobre ont provoqué une crue du fleuve. Le débordement s’est étendu jusqu’à environ deux kilomètres par endroit, ravageant au passage champs, animaux et volaille. Cette crue a touché 13 communes de la Boucle du Mouhoun. Un tour dans la zone de Badala, à une dizaine de kilomètres de Dédougou, ce samedi 15 octobre 2022, permet de voir l’ampleur des dégâts.

Sur les lieux, les eaux sont toujours perceptibles hors du nid du fleuve. Plusieurs producteurs ont vu leurs champs engloutis par les eaux du fleuve. Dans son exploitation, Théodore Dakuyo cultive d’ailleurs comme chaque année, du maïs, du haricot et du sorgho en campagne humide. Cette année, il rentrera bredouille. « Au début des eaux, le haricot n’était pas prêt. Nous avons essayé au moins de tout arracher pour en faire une fourrure pour les animaux. Ça aussi, avec la pression de l’eau nous avons été obligé de tout abandonner pour nous sauver », raconte-t-il tout dépité. Le maïs, toujours plongé dans l’eau, poursuit Théodore Dakyo, ne peut pas résister trois dans ces conditions. « Tout le maïs est cramé. Je ne compte que sur les tiges et feuilles sèches pour les animaux », déplore-t-il

Son voisin, Adama Zoromé, a une propriété de douze hectares dont 10 occupés de riz pluviale. 20 jours après les innodations, son champ est toujours dans les eaux. Difficile pour lui, d’évaluer, les dégâts. « Je ne compte plus sur le riz. J’avais dans ma propriété, 1 600 plants de tangelo et environ 500 papayes. Rien ne pourrait être récupéré car ce sont des plants qui ne résistent pas pendant longtemps sous les eaux », regrette-t-il.

Également, laisse-t-il entendre une de ces deux maisons est tombée. Sur les lieux, impossible de récupérer sa motopompe et ses plaques solaires. Emmanuel Traoré, quant à lui, a pu sauver ce qui peut l’être. Mais pas suffisamment. Seulement, il compte sur son sorgho qui tient encore.

« L’année dernière, la saison a été bonne, on avait bien récolté. Avec une exploitation d’un hectare, je ne suis même pas sûr d’avoir 3 sacs de 100 Kg, pourtant dans les normes on pouvait se retrouver avec 20 à 30 sacs », relève-t-il. Il raconte la mésaventure de son voisin qu’il appelle vieux qui a dû quitter son exploitation avec sa famille, car ayant perdu toutes ses maisons d’habitations. « Il n’a rien sauvé. Il est parti les mains vides. Après les eaux, il faut qu’il revienne construire ses habitats. Toute une saison, pour rentrer bredouille. J’ignore la superficie de son exploitation mais il avait plus de champs que nous », raconte-t-il.

Selon, ce qui est raconté, le dernier débordement du fleuve d’une telle ampleur date de 1999. A la date du 10 octobre 2022, les services de la direction régionale en charge de l’agriculture ont évalué les pertes en production agricole sur une superficie de 2617,3 hectares. Environ 1 600 animaux et 4 286 têtes de volailles ont été emportés par les eaux. « Il y a des zones qui sont toujours inaccessibles du fait des eaux. Également, à cause l’insécurité, nos services n’ont pas accès à certaines localités. Certains producteurs sont par conséquent injoignables », indique le chef régional du service des études et statistiques sectorielles, Léonce Ulrich Yaro.

M. Yaro rassure tout de même que ces chiffres seront actualisés au fur et à mesure car certains producteurs continuent de venir s’enregistrer. Dans ces genres de circonstances, des actions sont prévues, selon le chef régional du service des études et statistiques sectorielles pour soutenir les producteurs. Il s’agit des actions d’urgence, qui consistent dans l’immédiat à soutenir ces producteurs en détresse, et plus tard des actions de relèvement qui permettront d’accompagner les victimes afin qu’ils puissent mener leurs activités de production. Et d’ajouter que des mesures sont en train d’être prises par les autorités pour venir en aide à ces agriculteurs.

Komla AKPANRI

Je me nomme AKPANRI Komla, historien de formation, arbitre fédéral. Le journalisme est une passion pour moi plus précisément le journalisme sportif puisque je suis un sportif. Ayant fait une formation en histoire, j'aborde aussi des questions politiques, sociales et culturelles.

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